Pas assez noirs, pas assez blancs

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2 août 2020

Pas assez noirs, pas assez blancs

Les mots qui vont suivre peuvent paraître durs pour certains révoltés qui pensent défendre une pensée noire qui a bien démontré ses limites. Pour eux, il y a un petit bouton en forme de croix en haut à droite de cette fenêtre, qui tient lieu de fermoir. Qu’ils n’hésitent pas à l’appuyer quand ils n’en pourront plus. Si par malheur l’appareil bug en ce moment-là, dites vous que c’est le karma, ou l’injustice de l’univers, je sais pas…

L’amérique raciste a longtemps justifié la détestation du noir par des paroles bibliques. Les suprémacistes disent que nous noirs, sommes descendants de Cham, ce fils de Noé qui ayant regardé son père ivre, danser nu, a été maudit par ce dernier. Nous, noirs sommes les fils du mal; nous ne pouvons rien faire de bon parce qu’on était déjà maudit dès les premières pages de la bible. J’avoue que ça facilite beaucoup les choses, on n’a plus besoin de rien expliquer, on peut tous partir en vacances. De toute façon on est mal barrés, à quoi ça sert de se battre ?

Et puis il y a ce livre très brillant de Jared Diamond : « De l’inégalité parmi les sociétés » où se trouve cette question fondamentale qui déclenche un long essai de 700 pages : « Pourquoi ce sont les occidentaux qui sont venus par bateaux pour conquérir les peuples noirs et pas le contraire » ?

Soyons clairs ! – autant les noirs américains, les noirs de france et autres noirs nés ailleurs, victimes d’inégalités pourront balancer à la gueule du premier blanc venu : on vous a rien demandé, vous êtes venus chercher nos grand-parents, va falloir nous supporter… – autant pour nous les noirs d’Afrique nés en Afrique et restant africains, s’en réclamant même à cors et à cris, il faut se demander si nous pouvons nous réclamer du #BLM Black Lives Matter, la vie des noirs compte ?

La vie des noirs compte ? pour un continent où l’homme noir est un loup pour l’homme noir ? vies misérables, vols, meurtres, assassinats, commis par l’homme noir contre l’homme noir ? La vie des noirs compte ? non entre noirs, nos vies ont-elles mêmes de la valeur ?

Oui, ok, il y a le sempiternel argument de l’occident qui a pillé, volé, l’Afrique qui devrait peser dans la balance. Sauf que !

Qui ? qui nous apportera la preuve qu’aujourd’hui, tous ces faits dont on accuse le colon n’aurait pas eu lieu sans l’entremise, sinon les actions de premier plan des africains eux-mêmes. Quand on pleure des litres de larmes sur l’esclavage des noirs, n’oublions pas les noirs restés sur nos côtes, ceux qui se sont enrichis et engraissés, ceux qui pour un seul miroir, ont été capable de vendre tout un village (manière de parler).

Les noirs n’ont-ils pas montré aux blancs comment ils réduisent leurs semblables en esclavage ? et qu’ayant découvert qu’en vendant au blanc, un peu de noir, cela les enrichiraient bien plus en objets venus d’ailleurs, n’avaient-ils pas pris un plaisir immense à le faire ? Aujourd’hui d’ailleurs vendre nos ressources en dollars ne nous enrichit-il pas encore plus en CFA ? Pensons-nous finalement que ça a changé depuis ce temps-là ?

Etendu aux années post-coloniales, l’Afrique n’a-t-elle donc pas vendu l’Afrique à l’occident ? Après avoir vendu les hommes, n’a-t-on pas vendu nos terres riches ? Ne voulons-nous pas continuer par les vendre d’ailleurs aujourd’hui ?

Construire une Afrique en indexant l’étranger commercial comme celui qui nous a pillé alors qu’on lui a bien bradé un peu d’hommes et de terres (contenu compris) n’a pas fonctionné. Aujourd’hui, ne faut-il pas reconnaître et accepter le mal que nous nous sommes faits. Cela peut-être nous permettra de mieux avancer.

Pointer le doigt accusateur sur l’autre en refusant de voir le mal que nous nous sommes faits est une véritable gageure. Nous ne sommes plus les noirs que nos ancêtres ont été. On a rencontré des hommes venus d’ailleurs qui nous ont montré qu’ils avaient des armes à feu, des miroirs, et d’autres pacotilles qui brillent de mille feux, et en les acquérant tout en payant le juste prix, nous avons bien changé en gagnant en cupidité et en avidité. Nous ne serons plus suffisamment noirs en rapport à nos ancêtres noirs. Nous ne pourrons jamais être assez blancs pour les blancs, il faut bien s’y faire, et exorciser nos démons autodestructeurs. Et après seulement, on pourra avancer.

En y réfléchissant. Changer l’Afrique est la seule chose qui peut imposer le respect du noir aux autres. Le jour où on ne verra plus notre continent de la même manière; on sera peut-être les nouveaux chinois en occident. Ma seule peur, c’est qu’on soit encore loin, trop loin du compte; et tout ceci par notre faute.

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